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Publié le 21/04/2017

Comment défendre une industrie créatrice d'emplois en France ?

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A l’heure où la France s’apprête à choisir son (sa) futur(e) président(e), je souhaite, au nom d’ARMOR, rappeler aux candidats combien notre pays a besoin d’entreprises industrielles prospères et dynamiques, soutenues par les politiques publiques.
 
La France doit d’abord miser sur l’innovation. Le Crédit Impôt Recherche fonctionne bien, mais l’innovation est très coûteuse pour des entreprises de taille moyenne qui ont moins de possibilités d’optimiser leur pression fiscale que les grands groupes. Une première mesure consisterait à renforcer le CIR à 50% des dépenses pour les PME et ETI, au lieu des 30% actuels.  Les ETI représentent 5% du nombre des entreprises en France, mais 35% des dépenses d'innovation de toutes les entreprises ! L’emploi en France viendra d’abord des PME et des ETI. Leur permettre d’innover encore plus sera créateur de nombreux emplois industriels.
 
La France doit soutenir l’amélioration des conditions de travail sans en faire un frein pour le développement de ses entreprises industrielles. Si l'actuelle réforme de la pénibilité a un objectif louable, elle est beaucoup trop complexe à mettre en œuvre. Celle-ci donne une mauvaise image de l'industrie française et est susceptible de détruire progressivement une majeure partie des emplois industriels. Il faut la supprimer. À la place, ARMOR propose des mesures d'encouragement à la prévention par des incitations financières liées aux dépenses de sécurité et d’aménagement des postes de travail, qui seraient supérieures aux obligations légales dans un souci permanent d’amélioration des conditions de travail.
 
La France se doit de stimuler significativement la capacité des entreprises à investir sur son territoire. Je propose ainsi une mesure de soutien sous la forme d’un crédit d'impôt égal à 10% des investissements réalisés en France. Nous demandons également que les crédits d’impôt (CIR, CICE, etc) sur une année donnée soient remboursés en « cash » au plus tard le 31 décembre de l’année N+2 pour le solde qui n’aurait pas pu être imputé sur l’impôt des années N et N+1. Le système actuel pénalise en fait les entreprises qui investissent beaucoup en innovation ou sont en difficulté. Il faut au contraire les encourager.
 
Enfin, il appartient à l’Etat de soutenir financièrement la formation continue des salariés. Dans bien des cas, les entreprises ont du mal à trouver des formations adéquates qui correspondent à leurs métiers et doivent se substituer à l'Etat pour créer des formations adaptées. C'est le cas d'ARMOR, qui a mis en place sa propre Université sur son site industriel nantais, et crée ses parcours en lien avec sa branche professionnelle, comme par exemple sa formation certifiante en pilotage des machines automatisées (cf. dossier de cette lettre). Nous proposons donc que les coûts des formations mises en place par les entreprises sur les métiers pour lesquels l'Etat ne propose pas de formations adaptées soient mieux financés, voire intégralement pris en charge sur les budgets de la formation professionnelle. Cela contribuera aussi à la qualité du dialogue social, qui fait également partie des clés du succès des PME et ETI, dont ARMOR.
 
Ces quatre propositions permettront de redonner confiance aux entreprises industrielles, de créer des emplois et de freiner les suppressions de postes, d'encourager les entreprises à investir dans la sécurité et les améliorations des conditions de travail, de donner une nouvelle impulsion à l'innovation et l’investissement en France, et enfin de développer la formation au sein des entreprises. Nous voulons des entreprises industrielles compétitives, innovantes, et sociales !
Hubert de Boisredon, Président du groupe ARMOR