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Publié le 13/05/2019

« Game-changer»... C’est un beau métier !

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Discours d’Arnaud Le Gal, rédacteur en chef, Les Echos,
lors de la remise du Prix du Stratège PME-ETI « Les Echos »
le 29 mars 2019
à Hubert de Boisredon, Président-Directeur général d'ARMOR


" Le 29 mars dernier, Hubert de Boisredon, Président-directeur général d’ARMOR, recevait le Prix du Stratège PME-ETI « Les Echos » des mains de Michel Pébereau, président du jury, président d’honneur de BNP Paribas, en présence de Christine Lagarde, présidente du FMI et d’une trentaine de dirigeants du CAC40 et de grands groupes.
 
Pourquoi ARMOR a-t-elle reçu ce prix par l’intermédiaire de son dirigeant, et à travers lui, l’ensemble des équipes d’ARMOR ?
 
Le choix a été déterminé par un Jury diversifié, constitué de Michel Pébereau,  Thierry Breton - PDG d’ATOS, Laurent Burelle – PDG de Plastic Omnium, Jean-Dominique Senard - Président de Renault, Laurence  Boone - chef économiste OCDE, Henri de Castries – Président de l’Institut Montaigne, Denis Kessler – PDG de SCOR, David de Rothschild – Président de Rothschild & Co, Nicolas Barré – directeur de la rédaction des Echos, Maurice Lévy – Président de Publicis, Pierre Louette - PDG du Groupe Les Echos-Le Parisien et Marie-Hélène Sergent - Présidente de Shan.
 
De toute évidence, ce qui a le plus retenu l’attention du jury est la stratégie de transformation mise en place par Hubert de Boisredon et son équipe, et qui se fonde sur la capacité d’ARMOR à se réinventer.
 
Quand il y a 15 ans les actionnaires qui contrôlaient à l’époque ARMOR ont confié à Hubert de Boisredon les commandes de cette vénérable entreprise nantaise, sa lettre de mission était de redresser les résultats de l’entreprise. Celle-ci était fière d’avoir été parmi les pionnières du papier carbone ou du papier fax, mais sa gloire était quelque peu fanée en raison de l’inéluctable déclin des cartouches d’impression qui handicapaient fortement sa performance.
Mais alors que le consensus de marché semblait vouer ARMOR au retournement et à la cession faute de mieux, Hubert de Boisredon et ses équipes y ont vu autre chose. Une entreprise qui, bien conduite, bien diversifiée et orientée vers de nouveaux marchés à potentiel, pouvait réenchanter son avenir.
D’abord, capitaliser sur ses savoir-faire pour trouver de nouvelles marges.
Quand on maîtrise si bien les techniques de l’enduction de couches minces sur films minces, on peut transformer le numéro 3 de l’activité rubans transfert thermique (impression des étiquettes code-barres) en leader mondial incontesté. C’est ce qui a été réalisé en réorientant les investissements vers cette activité prometteuse, en développant l’export et les acquisitions à l’étranger.
Ensuite, percevoir les nouvelles exigences du marché. On ne parlait guère alors de RSE, d’économie circulaire ou d’innovation sociétale. Mais pour celui qui est l’un des co-fondateurs de l’association des Dirigeants Responsables de l’Ouest, elle est consubstantielle au business, au cœur de la stratégie. 
ARMOR est ainsi devenu un acteur de pointe dans le recyclage des cartouches et les économies d’énergie. Mais surtout, ARMOR a mené une action de diversification extrêmement déterminée, au service de la protection de l’environnement. La transition écologique était loin d’être alors sur toutes les lèvres qu’ARMOR développait - capitalisant encore sur son savoir-faire fondamental de formulation et d'enduction de couches minces sur films ultras fins- la production de films solaires organiques souples, sans silicium ni métaux rares, mais aussi des films collecteurs améliorant la performance des batteries lithium-ion.
Et aujourd’hui encore, tandis qu’architectes et urbanistes commencent se passionner pour les smart buildings et smart cities, ARMOR est déjà positionnée en tant qu’apporteur de solutions, avec des encres industrielles aux propriétés innovantes, des filaments 3D pour l’impression sur-mesure et des films minces sur-mesure permettant par exemple de changer d'apparence ou de couleur selon l’environnement ou de transmettre des informations aux piétons ou aux non-voyants par vibrations sur la peau…
Je pourrais encore évoquer la stratégie d’internationalisation d’ARMOR, qui n’a vraiment rien à envier en ce domaine au Mittelstand allemand, ou encore l’exemplarité de son management collaboratif et de la gouvernance de l’entreprise, dont le capital est désormais contrôlé à 75 % par ses salariés.
Tout cela pour vous dire que c’est tout sauf un hasard si, quand le Président de la République réunit à l’Élysée les dirigeants d’entreprise les plus en pointe dans la transition énergétique, à côté des titans du secteur, il y a un représentant des ETI : le dirigeant d’ARMOR.
La langue française est merveilleuse, mais ce sont les anglo-saxons qui ont inventé le mot parfait pour designer des personnalités comme notre lauréat et les équipes d’ARMOR : « game-changer»... C’est un beau métier ! Et en plus, par la valeur de l’exemple, cela ne peut que donner à d’autres l’envie d’entreprendre et d’innover. Ce qui est une autre forme d’économie circulaire.
 
Cher Hubert de Boisredon et à travers vous, chères équipes d’ARMOR, félicitations ! Nous nous réjouissons par avance de découvrir bientôt les innovations qu’à n’en pas douter, vous et les talents d’ARMOR allez continuer de nous concocter. "
 
Arnaud Le Gal, rédacteur en chef, Les Echos.